Conférence de Simon MALKÈS : un témoignage pour un Juste des Nations

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Conformément aux valeurs d’éducation pour la vie et de transmission des mémoires, le lycée ORT Toulouse a eu le privilège et le bonheur de recevoir jeudi 11 janvier 2018 notre membre exécutif du Conseil d’Administration de l’ORT Mondial et ORT France, Monsieur Simon MALKÈS, dans le cadre de notre cycle régulier de conférences sur le témoignage historique relatif à la Shoah. Face à nos 107 élèves de première, Monsieur Malkès a retracé avec fidélité le récit de sa famille inséparable du grand récit de ses compatriotes juifs, engloutis dans les lames de fond de l’extermination nazie en Lituanie.

Simon Malkès, est né le 14 septembre 1927 à Vilno (capitale de la Lituanie). Il est le fils unique de Rachel Badasz et d’Abram Malkeis. La famille possède alors une usine d’électricité.

En 1939, lors de l’invasion soviétique, Abram Malkeis est exproprié et jeté en prison. Certains membres de la famille sont déportés par les Russes en Sibérie, en tant que « capitalistes ». Lorsque les Allemands arrivent à leur tour, en 1941, le père de Simon sort de prison et retrouve les siens.

En juin 1941, Vilno compte plus de 265 000 habitants dont 40 % de Juifs qui seront tous parqués dans 2 ghettos de la Vieille ville. Les 2 ghettos seront purgés rapidement et ses prisonniers seront déportés ou exécutés d’une balle dans la tête dans les bois de Ponary. L’occupation allemande à Vilno, commencée le 23 juin 1941, prendra fin le 13 juillet 1944 : la population juive est alors décimée à 95%.

Le sort des Juifs du ghetto de Vilno est attaché à celui d’un homme, l’officier de la Wehrmacht (et ancien membre du parti Nazi repenti) Karl Plagge.

Plagge et son unité arrive à Vilnius en juillet 1941. Témoin du génocide qui se pratique contre les Juifs, Plagge, essaiera de sauver le plus de Juifs possible de la machine génocidaire nazie, en leur procurant des certificats de travail, attestant qu’ils sont des ouvriers spécialisés indispensables. Ce type de permis de travail protège l’ouvrier, sa femme et deux de ses enfants et lui permet d’échapper aux rafles des SS.

Plagge fournit 250 de ces permis à des hommes, ce qui permet de protéger environ 1 000 personnes en incluant les femmes et les enfants de 1941 à la mi-1944.

Le 1er juillet 1944, le commandant Plagge entre dans le camp et réunit les prisonniers pour un discours informel. En présence d’un officier SS, il leur annonce que lui et ses hommes vont être transférés vers l’ouest, et que malgré sa demande, il n’a pas obtenu la permission d’emmener ses ouvriers spécialisés. Le 3 juillet, ils seront transférés dans un autre camp escortés par la SS, qui comme ils le savent est "une organisation chargée des réfugiés !".

Après cet avertissement à peine voilé, la moitié des prisonniers se cachent avant l’arrivée des escadrons SS. Les 500 prisonniers qui répondent présents à l’appel le 3 juillet 1944 sont conduits dans la forêt de Ponary et exécutés. Les trois jours suivants, les SS fouillent le camp et les environs et retrouvent environ la moitié des prisonniers manquants qui sont immédiatement exécutés dans la cour du camp. Quand l’Armée rouge capture Vilno quelques jours plus tard, environ 250 Juifs du camp émergent de leur cachette.

Simon et son père échapperont quant à eux aux tirs allemands en allant se réfugier durant 2 longs jours dans les champs. Entre temps, la mère de Simon a été hospitalisée à Vilno. Les deux fugitifs la retrouvent à l’hôpital. C’est là qu’ils rencontrent les premiers soldats soviétiques le 13 juillet 1944…

La famille Malkès appartient à ces Juifs de Plagge. Comme d’autres ont eu la chance infime d’être des juifs de Schindler dans de similaires circonstances. Des juifs, que le travail manuel et technique a sauvé de la façon la plus extrême et ironique qui soit.

Dans son livre Le Juste de la Wehrmacht, publié en 2012 (Editions de la Société des Ecrivains), Simon Malkès livre le témoignage historique sur la condition des juifs de Vilno sous l’occupation nazie ; et révèle l’action du Commandant Plagge qui permit à de nombreux juifs d’échapper à une extermination programmée.

En 2005 Simon Malkès scelle un hommage universel à Karl Plagge pour qui il demande et obtient après enquête minutieuse, le titre de Juste parmi les nations auprès de la Fondation Yad Vashem.

Campagne Internationale #WeRemember

Au terme de son intervention, Monsieur Malkes a participé dans la cour de l’établissement à une photo de groupe avec l’ensemble des élèves et des professeurs qui étaient présents. La photo a été envoyée sur les réseaux sociaux avec le #WeRemember, dans le cadre de la campagne internationale organisée par World ORT et le World Jewish Congress : pour ne pas oublier les victimes de la Shoah. Chaque année des milliers de photos et de vidéos sont ainsi visionnées le jour de la commémoration du Souvenir à Auschwitz.

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