Conférence sur la Résistance

Le 10 septembre dernier le lycée a eu l’honneur de recevoir la visite de trois résistants, sur l’initiative d’Elisabeth Bilfeld et de Stéphanie Bizet. Plusieurs classes participant cette année au Concours de la Résistance ont ainsi pu rencontrer, écouter et questionner des personnages atypiques, dynamiques et soucieux de témoigner. Messieurs Vieillard, Brunet et Baby nous ont nourris de leurs expériences de vie et poussés à un questionnement personnel parfois complexe.
Il faut savoir avant tout que le Conseil départemental de la résistance de Haute-Garonne est le seul encore existant en France à ce jour. Un honneur, et une chance inouie de les aborder.
Monsieur Vieillard a longuement pris la parole nous rappelant l’état de la France en 1940: débâcle, appel de Pétain puis de De Gaulle, propagande, culte du maréchal, politique de collaboration progressive, les gens suivaient…début de lois liberticides, puis dictature de Vichy. Monsieur Vieillard commence à résiste. A l’époque il s’exprimait mais peut-être trop car il montrait ses désaccords. Informé un jour que des « fiches » de renseignements existaient sur lui, le qualifiant dei « gaulliste notoire ». Double effet dès lors: plus de prudence bien sûr mais du coup, et l’effet positif a été qu’on l’a mis en lien avec un membre du mouvement de Libération. Puis intégration du mouvement de Libération Sud. Il devenait alors un soldat, avec pseudonyme et missions (tracts etc). C’était très dur de résister car le régime s’était radicalisé. L’arrivée de la « milice » a été préoccupant aussi. Le régime s’est de plus en plus tourné vers l’Allemagne, avec entre autres l’instauration du service de travail obligatoire. La solution: rejoindre le maquis de la Montagne Noire pour déserter. Il s’est alors infiltré dans la cartoucherie de Toulouse: accès aux statistiques de production, une aubaine! Puis l’invasion allemande s’est renforcée progressivement. Radicalisation croissante du régime. Mais parallèlement avait lieu le débarquement de Normandie, ce qui commençait à donner de l’espoir aux résistants. Puis la Libération est arrivée! A Toulouse, elle a été violente car les combats ont fait 36 morts. S’en est suivie une grosse effervescence: ivresse de liberté mais remise en ordre à mener, le rétablissement de la république était à construire.
Après ce récit prenant, Monsieur Brunet a pris la parole à son tour. Il a narré l’arrestation de son père par la gestapo. En mars 19 44, réveillé, lui et sa famille, par des miliciens. Braqués par armes car les soldats voulaient qu’on leur montre la cache d’armes. La cache n’est pas trouvé, décelé, mais la perquisition continue toute la journée, les enfants sont parqués, et les adultes embarqués…

Une enseignante, Annie Chekroun, a alors interpellé l’ensemble des élèves au moment des questions pour leurs demander de s’interroger eux-mêmes : « Et vous, avez -vous l’âme d’un résistant ?  » sans attendre particulièrement de réponse mais pour faire germer un questionnement…

Monsieur Vieillard a alors conclu en leur demandant de rester lucides. Car oui, de toute évidence, c’est bien le mot qu’il faut retenir pour expliquer l’utilité de ces témoignages, surtout par les temps qui courent…

Séverine Martin

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