Visite de la Maison des enfants d’Izieu

Le lundi 23 mars dernier, 15 jours avant son inauguration officielle par le Président de la République, un groupe d’élèves de Seconde et de Première du lycée ORT Daniel Mayer a eu l’opportunité de se rendre à la Maison des enfants d’Izieu, située entre Lyon et Chambery. 

La journée s’est déroulée en deux temps. 

Le premier, consacré à la visite de ce lieu de mémoire, a permis d’établir les rappels historiques nécessaires à la compréhension de la tragédie dont ont été victimes 44 enfants juifs de 4 à 17 ans, ainsi que 7 adultes qui les encadraient, le 6 avril 1944, sur ordre de Klaus Barbie,  peu avant la Libération du pays.

Ces enfants étaient originaires d’Europe de l’est, de métropole et d’Algérie. Leurs familles se sont trouvées prises au piège de la guerre et des lois antijuives alors qu’elles tentaient d’échapper à l’oppression et à la misère. Devant ce désastre humanitaire, de nombreuses œuvres d’assistance comme l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants) se sont structurées afin de tenter de leur venir en aide. Jusqu’en 1943, le village d’Izieu était situé en zone d’occupation Italienne, hors de portée des ambitions radicales du gouvernement de Vichy. 

Cette grande bâtisse a fait office de refuge mais aussi de lieu de transit clandestin vers la Suisse ; elle demeure aujourd’hui un mémorial riche de lettres, de dessins, de photographies, autant de témoignages de ces jeunesses massacrées au nom d’une idéologie meurtrière. Le quotidien de ces enfants se dessine au fil de la visite : la salle à manger, les chambres, l’infirmerie, la salle de classe… véritable lieu de vie situé au milieu d’un cadre verdoyant ouvrant sur la chaîne des Alpes. Leurs noms demeurent à jamais gravés sur une plaque, ainsi que ceux de leurs moniteurs. 

Le second moment a été dédié à une réflexion intéressant les stéréotypes et les préjugés animée par un intervenant attaché au site. Les élèves ont été confrontés à leurs propres représentations, parfois peu à propos, chargées de clichés et de lieux communs souvent involontaires. Ils ont ainsi confirmé l’importance de la tolérance et du respect de l’autre, si différent de soi puisse-t-il être. 

En lien direct avec les programmes d’histoire-géographie et de français, cette sortie pédagogique a permis aux élèves de dépasser une restitution purement théorique et scolaire en mêlant des histoires individuelles, des drames personnels à l’Histoire ; véritable moment d’éducation, cette visite a transcendé le cadre ordinaire de la leçon en induisant la fragilité de la Paix, les conséquences de l’injustice, du fanatisme.

Les élèves se joignent à leurs accompagnateurs pour remercier les deux intervenants du Mémorial des enfants juifs exterminés de leur chaleureux accueil, de leur patience devant la multiplicité des questions ainsi que de leur professionnalisme. 

Ils nous ont en effet permis de commémorer un nécessaire devoir de mémoire en ces moments si difficiles que traverse notre société.

Quatre vers de Baudelaire cités par Jorge Semprún à la veille de son internement à Buchenwald semblent illustrer les destins anéantis de ces 51 victimes auxquelles nous rendons hommage :

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ; 

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres

Le bois retentissant sur le pavé des cours.

 

Chant d’automne, in Les Fleurs du mal, poème 56.

 

Martine LOUIS, 

professeure Lettres-Histoire Géographie

ORT Daniel Mayer

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