Le wagon du souvenir

Dans le cadre de la préparation de l’épreuve d’arts plastiques, les élèves Raphaël Garros et Vianney Schwerkolt, de la classe de 3 DP6, ont décidé de travailler à partir des œuvres de Christian Boltanski. Tout en respectant les critères de l’examen, ils ont réalisé une « œuvre » qui va au-delà de la simple réalisation pour un devoir. Aidés et guidés par Sophie Rogister, leur professeur, ils ont présenté un travail dont le résultat est surprenant.

Pour la réalisation du dossier, les élèves doivent choisir de « répondre » à un artiste, c’est-à-dire de réaliser une production en s’inspirant du travail de celui-ci. Leur projet a été de réaliser le wagon du souvenir en réponse au travail de mémoire de C. Boltanski, tout en s’appuyant sur les paroles de « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat.
Le choix des documents, des photographies, la liste des déportés, fait écho à des vers bien précis « Ils étaient des milliers, nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés ». Le fil de scoubidou rappelle les fils de fer barbelé. Les pots de yaourts symbolisent les cheminées des chambres à gaz, tout en faisant office de « mémorial » avec leur bougie du souvenir qui appelle au recueillement.
Les élèves ont totalement investi leur travail, puisque la réflexion se prolonge même dans le choix des roues : boites de conserves pleines (d’un point de vue technique, elles sont plus stables), ils ont expliqué le paradoxe de la présence de la nourriture alors que les déportés souffraient de la faim.

Cette réflexion fait aussi écho au travail réalisé tout au long de l’année par leur professeur d’histoire-géographie, Elisabeth Bilfeld. Elle les a sensibilisé au travail de mémoire à travers plusieurs activités ou rencontres : la participation au concours de la déportation et de la résistance, la visite du musée de la résistance de Toulouse, la rencontre avec des témoins directs de cette période historique (parmi eux, Mr Marcault , déporté et survivant des marches de la mort), la lecture par des élèves de la classe de la lettre de monseigneur Saliége ainsi que d’un texte de Simone Veil lors de la journée de commémoration pour la prévention des crime contre l’humanité

Le travail de Raphaël et Vianney est remarquable. Malgré leur jeune âge, ils ont réussi à comprendre, analyser l’œuvre d’un artiste, C.Boltanski, à la mettre en relation avec une chanson engagée du patrimoine culturel français et surtout ils sont parvenus à créer, à leur tour, une œuvre contre l’oubli. Ils sont ainsi devenus des passeurs de mémoire.

Stéphanie Bizet-Magendie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s