Hanoucca, la fête des Hanoucca, la fête des lumières

Que la lumière revienne aussi cette année

« Monsieur, quand on va faire la fête comme l’an dernier ? »

« Monsieur, est-ce qu’on aura la fête juive des lumières cette année aussi ? »

« Monsieur, c’est quand le noël des juifs ? » etc…..

Telles sont les phrases comme une chanson lancinante depuis le début du mois de décembre, répétée sans cesse dans presque toutes les classes.

Hanoucca, la fête des lumières, enfin elle revient avec le traditionnel allumage au milieu de la cour en présence de tous les élèves du lycée, de la 3ème au BTS et de la formation pour adultes, des professeurs, des responsables pédagogiques et bien sûr de la direction sans oublier quelques invités tout aussi ravis de partager ce moment.

Mais pourquoi cette fête particulièrement ?

Rappelons d’abord les faits : commémoration à la fois religieuse et militaire

En effet lorsqu’Israël était assiégé par les grecs, ceux-ci voulaient interdire toute pratique religieuse, anéantir ce peuple, le soumettre à l’autorité des grecs et lui ôter toute identité.

Moments tragiques de l’histoire du peuple juif, le Temple de Jérusalem, joyau du judaïsme et du service divin a été saccagé, pillé, brûlé en partie et même souillé par l’installation d’idoles et de dieux étrangers à l’intérieur, ce qui fut une abomination pour les juifs.

Début de l’obscurantisme et du voilement, le peuple d’Israël demeure dans le noir spirituel total.

Une famille de prêtres, les Hasmonéens, refuse cette fatalité, constitue une armée et part avec comme seule arme, la foi vers Jérusalem.

Cette petite armée gagne cette bataille et récupère le Temple.

Après l’avoir restauré, nettoyé et purifié, le temps de la réinauguration est arrivé, mais on devait aussi rallumer le chandelier d’or à sept branches à l’intérieur du Temple, symbole de la présence divine.

Pour cela, il fallait de l’huile d’olive absolument pure et le prêtre ne disposait qu’une fiole pour un seul jour, et miracle cette quantité brûla huit jours, le temps de fabriquer une nouvelle huile.

Depuis la tradition juive est de procéder à l’allumage d’une flamme chaque soir pendant huit jours et de se souvenir de cette petite victoire militaire.

L’idée de la lumière qui repousse les ténèbres, de la victoire des faibles sur les forts, fait que depuis quelques années nous partageons cette fête.

Quoi de plus pédagogique que la notion de partage pour repousser la méconnaissance de l’autre qui nous fait peur et de montrer, d’expliquer que les religions lorsqu’elles sont connues et comprises, les tabous, les non-dits et autres tombent pour laisser la place à l’espoir d’une vie meilleure en toute amitié et tolérance.

Dès le début de la cérémonie, M. René Bendavid, directeur du centre, dans son allocution de bienvenue insiste sur « le partage, l’intérêt que l’on peut apporter à l’autre et surtout de ne pas laisser l’indifférence nous emparer », symboles forts et aspirations perpétuelles de L’ORT. Il a ajouté que la direction a été, est, et sera constamment à l’écoute des élèves et de leurs familles pour toujours réussir à l’ORT afin que le recul du « je ne sais pas » soit notre victoire.

M. Lévy Drory, CPE, a développé sur la lumière qui n’éclaire pas seulement les lieux où nous nous tenons mais aussi nos esprits pour que grandissent en chacun d’entre-nous les notions de tolérance, de respect, de curiosité et de découverte, de réussite dans la vie de chacun pour avancer avec paix, sérénité et responsabilité.

L’allumage du chandelier à huit branches, dressé dans la cour tel un trophée débuta avec M. le directeur suivi de membres du personnel, du CDI, de professeurs et enfin d’élèves et des étudiants représentant toutes les classes.

Etaient présents à cet allumage le père Jean-François, nouveau curé de Colomiers et de Mme Laborde Françoise, connue à l’ORT pour les rencontres inter religieuses entre élèves de l’école et de la paroisse de Colomiers, participa à l’allumage de la dernière bougie.

Entre chaque bougie qui s’enflammait d’autres élèves ont récité les paroles de chansons connues (L’envie d’aimer, Les enfants du soleil, Inchallah, Mon frère, Noël à Jérusalem, Tu es, donc j’apprends etc….) avec un ton, un rythme et une diction d’une justesse tout à fait adaptée à l’évènement accompagnés par trois élèves musiciens.

La cérémonie dura environ une heure et dans cet espace de liberté elle fut intense, respectueuse et festive avec le vœu et l’espoir que l’an prochain nous puissions à nouveau fêter Hanoucca avec la même envie dans un engouement total.

Sydney Lévy, Professeur d’histoire juive et histoire et des religions

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