Une journée à Auschwitz

En noir et blanc…

Entrer dans les photos les films vus 100fois avec les élèves en noir et blanc en couleurs qui interrogent avant/après le silence Shoah et Holocauste ?

Holocauste sur l’histoire des temps sans masques sans maquillages du présent qui spécifie et qualifie cette période lourde, indicible, injectée de tatouages perdus dans la fumée des camps, des fours crématoires !

La mémoire de mes mémoires, de ceux que je n’ai pas connus, qui sont à l’origine de mon entrée dans ce siècle, ce 20ème siècle, dont la barbarie dégueule encore dans le silence des culpabilités, des non-dits de ceux qui savaient…

Combien de couches de silence avant d’accepter cet inacceptable des hommes ?

Jusqu’où crier les silences éteints de ces destins perdus ?

Jusqu’à quand devra-t-on transmettre ce chemin des êtres sans retour, à jamais, détruits « au nom de la race » ?

Dans une vie paisible, où la faim et les habits portés sont dignes, comment ressentir le froid permanent des corps dont l’ombre des squelettes fractionne les mouvements de ces êtres fantomatiques rayés de noir et blanc dans leurs pyjamas.des jours entiers ?

Jusqu’où l’âme peut-elle subir la matière des souffrances au delà de l’humanité consternée remplissant de discours aujourd’hui contre tous ces silences entassés de cris dans ce passé qui colle aux mémoires des vivants encore et toujours jusqu’au bout du siècle…

Pourrais-je écrire les larmes, puis la sécheresse de l’âme qui ne parvient plus à dire, comprendre ce qui à été fait là, …dans ces lieux ?

30.11.2010

Hier, il neigeait sur Auschwitz.

Je suis dans les embouteillages, et dans ce quotidien connu avec le geste des habitudes.

Je suis dans la confusion, entre deux réels qui se superposent, se déchirent.

Le silence de la neige, des pas, du froid, là-bas dans la beauté sobre de ce blanc posé et lumineux.sur les barbelés partout.

Le silence de l’immensité des cheminées, présentes, ou détruites dans ces temps passés.

Les miradors alignés, sur le chemin de la mort, long, sans fin.

Sans faim, car le corps se déplace mécaniquement jusqu’au final de la disparition, en fumée plus loin dans cet espace de l’infini.

Je me gare.

Après cette gare des avions, des paroles échangées avec des officiels, des rescapés.et un repas, après « deux camps de neige » spacieux figés dans les mots traduits des guides polonais bien éduqués qui déculpabilisent dans un flot de mots leur peuple.

Des maux de la vie perdus, là-bas dans les larmes du silence de la neige.

Hier, il neigeait sur Auschwitz…

Le 30.11.2010

INSTANTANÉS

Au bout des rails, avec Simon et Julien, avant de prendre une photo.

On a regardé tomber des flocons, longtemps… et même après un moment on a commencé à compter plus d’un million de flocons, puis on a regardé plus loin cette entrée à jamais inscrite dans le film de nos mémoires…

Au bout du parking des autos. Il y a un « fast-food » qui me fait gueuler jusqu’au bout des larmes avec la neige de ce jour de novembre ; pourtant ils ont « crevés » des vies au bout de ces rails le ventre vide à jamais

J’ai chaud, assis dans le bus …sur le parking…la neige, dehors, tombe, avec la nuit qui glisse déjà ; on va quitter ces rails où les vies se sont perdues, silencieuses.

Le bus démarre, l’histoire reste là.

30.11.2010

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Timsit dit :

    C’est dommage que cet article ne soit pas signé!
    Marc Timsit

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