Frania Eisenbach- Haverland s’adresse aux jeunes et témoigne

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Une voix avec un léger accent, une voix qui se casse dès qu’elle évoque les membres de sa famille, une voix qui lorsqu’elle se tait engendre le silence.

Frania Eisenbach-Haverland a accompli le plus douloureux des voyages en enfer. Dès le 7 septembre 1939, les soldats allemands occupent son village de Tarnow où ont lieu immédiatement des actions répressives contre la population juive : exécutions, déportations. En 1941, elle est enfermée dans le ghetto de Tarnow qui sera liquidé en septembre 1943.

Elle est ensuite envoyée au camp de Plaszow (dont certains déportés faisaient partie de la liste de Schindler), l’espérance de vie y était de 4 semaines, Elle a 17 ans et demi. En 1944, l’armée soviétique approche, Frania est transférée à Auschwitz puis à Birkenau : « camp de la quarantaine » et ensuite au camp de Flossenburg en Allemagne pour aboutir enfin à Thérésienstadt près de Prague. La Croix Rouge la recueille à la fin de la guerre. Durant tout le temps des hostilités, Frania est restée prisonnière dans des conditions extrêmes, elle a échappé à de multiples sélections, aux maladies, au désespoir.

A 84 ans, elle cherche toujours l’explication même si elle sait qu’elle ne la trouvera pas. On interroge souvent les personnes déportées sur leur vécu dans les camps mais peu sur leur retour, leur réinsertion et leur engagement de témoin. Devant les classes du lycée, Frania a continué le récit commencé devant une classe de troisième en racontant son arrivée à Paris, l’apprentissage d’un métier et la libération de sa parole.

Infatigable, elle intervient très fréquemment dans les classes, participe à des congrès, des conférences mais surtout elle transmet aux jeunes qu’elle rencontre son espérance en un monde meilleur et pour ce faire, elle leur conseille de s’ouvrir aux autres.

Ses paroles sont maintenant imprimées dans un livre : « Tant que je vivrai » paru aux éditions Edite.

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