« Inconnu à cette adresse »

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Un petit best-seller de Kressman Taylor, un roman par lettres, prémonitoire de la « solution finale ». Sans pathos, se dessine au fil d’une correspondance, une histoire d’amitié, que dénoue l’histoire de l’Allemagne nazie et qui finit en vengeance.

Une pièce est créée à partir de ce livre et c’est un spectacle organisé par le Mémorial de la Shoah, à l’espace Bonnefoy, à la fin de l’année 2009, qu’assistent cent élèves de l’Ort. Les trois classes de première grâce à ce spectacle de qualité qui s’intègre au programme du baccalauréat peuvent cerner la réalité de la représentation théâtrale tout en s’interrogeant sur le totalitarisme.

Les classes de secondes aussi, qui participent au concours de la Résistance, sont sensibilisées aux drames engendrés par le fascisme. Ce spectacle fait partie d’un projet transversal mené en histoire et en français. Des poèmes d’écrivains engagés seront étudiés en cours. En outre, les élèves ont visité Le Musée de la Résistance et de la Déportation où ils ont pu entendre le témoignage de Guy Marty, résistant déporté.

Ecouter un homme parler des souffrances endurées, avec dignité et émotion, permet de toucher du doigt l’horreur de la guerre et du totalitarisme. Réalité, analyse historique et littérature se complètent pour développer cette conscience morale qui permet à nos jeunes d’être le relais des valeurs de respect de l’homme et de démocrate auxquelles nous, les enseignants de l’Ort dans l’ensemble, sommes très profondément attachés. Nous sommes au cœur de nos priorités.

Sur la scène qui est aussi le théâtre du monde se déroule l’histoire d’une amitié entre deux hommes que la montée du national-socialisme brisera. Les échanges entre eux, la complicité autour d’un piano, puis la tension progressive marquée par les jeux scéniques, les lettres lues, les visages tendus passionnent les élèves qui écoutent et regardent, très réceptifs.

A la fin du spectacle, le producteur M. Schawat félicite les élèves pour la qualité de leur attention. Ils ont été exemplaires. Un échange avec les comédiens et lametteure en scène, Nadine Jadin-Pouilly permet de mieux comprendre certains choix scéniques. Une question intrigue : « Comment peut-on jouer le rôle du nazi ». Les comédiens expliquent qu’il est aisé de jouer un personnage très éloigné de leur réalité. Le débat se poursuivra en classe sur »le paradoxe du comédien ».

Les sorties culturelles, grâce aux efforts conjugués de notre établissement et des parents, permettent à nos élèves de développer leurs connaissances et de faire l’expérience de la vie et des valeurs citoyennes.

Lydia Lévy

Professeur de Lettres

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