Remise des prix « École de Travail Israélite »

Jean Klein, Président de l’Ecole de Travail Israélite de Strasbourg, entouré des membres de son comité a remis, il y a quelques jours lors d’une cérémonie officielle, un ensemble de prix et de bourses aux étudiants méritants et traversant des difficultés financières des formations supérieures de l’ORT Strasbourg : 6 ordinateurs, 4 mallettes d’opticien et diverses bourses repas CROUS. Fidèle à sa vocation initiale, l’Ecole de Travail Israélite, dont l’ORT Strasbourg a continué l’œuvre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, affirme régulièrement son attachement aux œuvres sociales de la communauté et de ses institutions éducatives…. Durant des décennies, le magnifique édifice du 14 rue Sellénick a abrité les formations professionnelles de l’Ecole de Travail Israélite, un bail emphytéotique a conféré à l’ORT, lors de la reprise du bâtiment, la possibilité de développer ses activités et différents projets éducatifs. La prise en charge de la Cité Laure Weil a permis depuis 1985 de déployer l’ensemble des formations supérieures actuellement en place : Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles d’ingénieurs ainsi que plusieurs Brevets de Techniciens Supérieurs et Licences… réalisant ainsi, grâce aux possibilités d’hébergement et à la restauration, le premier campus universitaire de la communauté juive de France…De nombreuses personnes ont assisté à cette cérémonie, Raymond Kern, Président du Comité de l’ORT Strasbourg et ses membres,Jean-Hugues Léopold Metzger, Vice Président de l’ORT France et représentant de l’OING ORT Mondial auprès du Conseil de l’Europe, Claude Sabbah, Directeur de l’ORT et son équipe de direction, les professeurs et les délégués étudiants des formations supérieures. Un verre de l’amitié a clôturé cette remise de prix et de bourses.
Bref historique de l’Ecole de Travail Israélite de Strasbourg Quelques années après la Restauration et faisant écho à l’esprit légué par Monsieur Isaac Berr, le défenseur du droit des juifs à l’Assemblée constituante durant la Révolution française, l’Ecole de Travail Israélite est créée à Strasbourg en 1825. Cette structure est la seconde du genre dans le monde communautaire à cette époque en France. Une soixantaine de jeunes y reçoivent en moyenne une formation artisanale ou professionnelle qualifiante chaque année. L’école de travail va susciter l’intérêt et le soutien de bon nombre de coreligionnaires en Alsace, dans toute la France, en Allemagne et jusqu’aux Amériques… Un registre de soutien sur les apports, legs et dons fait état, dès le milieu du XIXème siècle, de noms prestigieux comme ceux de Achille et Alphonse de Ratisbonne, Olry Worms, Romilly qui fut Maire de Paris et Président du Consistoire Central, le Docteur Ruf, Simon Cerf, le banquier Benoît Fould des Etablissements Adler & Oppenheïmer… Mais les soutiens affluèrent des endroits les plus reculés d’Alsace. On a dénombré entre 1909 et 1911 des dons provenant de 89 communautés israélites de la région… Les dons provenaient d’autres villes de France et également de l’étranger, d’Anvers, Bâle, Berlin, Cincinnati, Cologne, Indianapolis, New-York et même Buenos-Aires et Sao Paulo. Au début du XXème siècle, cette école s’installe dans les murs du superbe édifice construit par l’architecte allemand d’Heïm, au 14 rue Sellénick. A cette époque 22 métiers très divers, sont enseignés à l’Ecole Israélite de Travail, les archives de la fin du XIXème et du Début du XXème siècle indiquent les qualifications suivantes: Tailleur – Tapissier – Orfèvre – Peintre – Prothésiste dentaire – Horloger – serrurier – Electrotechnicien – Tailleur de chemise – Compositeur typographe – Bandagiste – Menuisier – Bûcheron – Graveur – Cordonnier – Pâtissier – Technicien en bâtiment – Peintre sur verre – Ferblantier – Lithographe – Sellier – Tailleur de cuir . En 1912, à l’époque de l’Alsace allemande et deux ans avant la Première Guerre mondiale, le Conseil d’Administration de l’Ecole Israélite du Travail était présidé par Isidore Gentzbourger, également Président du Consistoire Israélite de Basse – Alsace, et son Comité comprenait Adolphe Ury, Grand Rabbin, Karl Adler, Léon Feist, Edmond Forest, Hippolyte Grombach, Alfred Loewe, le Docteur GeorgSchmoll, Fernand Schwartz, le Professeur Georges Weill ; Le directeur de l’établissement était alors Jules Picard. En 1939, près d’un siècle après la création de l’Ecole de Travail, le pouvoir nazi menaçant est installé de l’autre coté du Rhin, les populations juives et non juives de Strasbourg et du Bas-Rhin sont évacuées en Dordogne. En 1940, l’Union Mondiale ORT ouvre en pleine guerre, une école ORT à Périgueux qui dispense des formations professionnelles aux populations juives déplacées… Au lendemain de la guerre, la communauté juive de France, durement éprouvée tente de se restructurer… Après la libération de la capitale alsacienne en novembre 1945 et dès le début de l’année 1946, l’Ecole de Travail Israélite demande à l’ORT de prendre en charge de nombreux jeunes, dont les parents sont morts en déportation et de leur offrir une qualification professionnelle. L’ORT Périgueux déménage alors à Strasbourg et installe dans les bâtiments du 14 rue Sellénick, un atelier de mécanique, une forge pour la ferronnerie d’art, un laboratoire d’électricité et un atelier de coupe et de couture… Fidèle à sa vocation et à la philosophie de ses bâtisseurs, l’ORT Strasbourg, poursuivit ainsi à ses débuts l’œuvre importante engagée par l’Ecole de Travail Israélite de Strasbourg et a développé plus tard un projet éducatif innovant et installé le premier campus de la communauté israélite de France à Strasbourg, campus qui accueille aujourd’hui près d’une centaine de jeunes étudiants venant de France et de l’étranger.
Richard Aboaf

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. klein jean dit :

    je remercie richard Aboaf pour son compte rendu sur l’école israelite du travail parfaitement documenté

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